
A la demande des pouvoirs publics, Météo France et le Bureau de Recherches Géologiques et Minières ont produit en 2023 des projections permettant de décrire ce que seraient les risques naturels et le climat de la France à l’horizon 2030, 2050 et 2100 en utilisant la méthodologie largement utilisée par le GIEC.
L’objectif de ces travaux est de servir de références à la réflexion de tous les acteurs tant au niveau national que local, et à l’élaboration de leurs stratégies d’adaptation au changement climatique.
Nous reproduisons ci-dessous, une synthèse, que nous avons réalisée, des projections climatiques concernant Royan pour 2030, 2050 et 2100. Le détail de ces projection est disponible sur le site de Climadiag..
Pour appréhender les évolutions climatiques, les scientifiques ont utilisé 17 modèles mathématiques mesurant aussi bien les températures, les précipitations, les vents, la neige, la sècheresse des sols que le niveau de la mer.
L’hypothèse retenue est celle d’un réchauffement en France de +2° en 2030, +2,7° en 2050 et de +4° en 2100. Alors que le GIEC prend la période préindustrielle comme référence pour évaluer le changement climatique de la planète, pour que les projections pour la France puissent être affinées à l’échelle de chacun de nos territoires, c’est la période de 1976 à 2005 qui a été retenue comme point de comparaison.
Si les évolutions climatiques traduisent des tendances à moyen et long termes, nous savons tous que selon les conditions météorologiques, les températures et les précipitations varient d’une année sur l’autre. Dans le rapport final qui a été publié, chaque projection est donc présentée sous la forme d’une ‘’médiane’’ avec les deux bornes de l’intervalle de confiance à +/- 90%. Les valeurs ‘’médianes’’ indiquées pour 2030, 2050 et 2100 correspondent, non pas à la valeur attendue pour cette année-là précisément, mais à la moyenne des médianes des 10 années se situant avant et après chacune de ces échéances. Les ‘’valeurs extrêmes’’ ne correspondent pas à des scénarii différents mais visent à prendre en compte la variabilité d’une année sur l’autre durant chaque période.
Les cumuls de précipitations sont calculés en mm : 1 mm de précipitations correspond au recueil d’un litre d’eau par mètre-carré de surface au sol.
Notre commentaire : à titre d’exemple sur le premier graphique, le chiffre 210 correspond au cumul moyen des précipitations en hiver durant la période de référence 1976-2005. Ce cumul va passer à 231 mm en moyenne durant les hivers des 10 années avant et après 2030. Durant cette période, le cumul des précipitations en hiver pourra varier, selon les années, entre 207 et 268 mm. Et ainsi de suite …
On constate une augmentation des cumuls de précipitations, sauf l’été. Le nombre des jours de pluie diminuant, les pluies devraient être plus intenses. A la fin du siècle, les déficits de précipitation l’été deviendront très importants.



On considère ici l’évolution depuis la période de référence 1995-2014 du niveau moyen de la mer. C’est pourquoi la valeur de référence est à zéro. L’élévation du niveau moyen de la mer d’ici l’horizon 2030 a été simulée pour un ensemble de ports de référence en France métropolitaine. Chaque commune littorale de métropole a été rattachée à l’un de ces ports, permettant ainsi d’appréhender l’élévation du niveau de la mer la concernant.
Géorisques a ainsi identifié une vulnérabilité submersion marine à Royan
Notre commentaire : Le GIEC explique le niveau moyen des mers a augmenté de 20 cm au cours du XXème siècle. Selon les projections de Météo France et du BRGM, le niveau moyen de la mer à Royan devrait s’élever de 57 cm d’ici 2100 : une grande partie des plages de Pontaillac, du Pigeonnier, du Chay, de Foncillon et de la Grande Conche disparaîtraient ainsi.






Un jour est considéré à risque significatif de feu de végétation lorsque l’Indice Forêt Météo (IFM) est supérieur à 40. Cet indice permet d’évaluer dans quelle mesure les conditions météorologiques sont favorables au déclenchement et à la propagation des feux
Géorisques a identifié une vulnérabilité aux feux de forêt à Royan



Un jour est considéré avec sol sec lorsque l’indice d’humidité des sol superSciels (SWI) est inférieur à 0,4. D’ici l’horizon 2030, l’élévation de la température sur l’ensemble du territoire entraînera l’augmentation du nombre de jours avec sol sec. Une conséquence parmi d’autres sera l’aggravation des risques de dommages aux bâtiments en lien au retrait/gonflement des argiles.
Géorisques a identifié une vulnérabilité au retrait gonflement des argiles à Royan.
Notre commentaire : selon l’un des responsables de l’association départementale des sinistrés de la sécheresse sur les propriétés bâties que nous avons interrogé, le phénomène de retrait/gonflement des argiles ne concerne actuellement à Royan que le quartier derrière la clinique Pasteur.



Une nuit est considérée comme chaude si la température durant cette nuit ne descend pas en dessous de 20 °C.
Géorisques a identifié Royan comme étant sensible au phénomène d’îlot de chaleur urbain.
Notre commentaire : le phénomène des îlots de chaleur urbain concerne des lieux où la densité urbaine est forte, avec une présence importante de matériaux de construction et des sols (le béton, la pierre, le bitume…) qui absorbent la chaleur dans la journée et qui la restitue durant la nuit. A Royan, la place Charles de Gaulle, la plupart des »U » du Front-de-mer sont très probablement des îlots de chaleur urbain lorsqu’il n’y a pas de vent, tout comme l’esplanade de la gare SNCF. Comme les températures restent élevées, notamment la nuit pendant les périodes de fortes chaleurs, il est indispensable que les habitants puissent pouvoir se rafraichir dans ces espaces verts que l’on appelle des îlots de fraicheur.



Un jour est considéré en vague de chaleur s’il s’inscrit dans un épisode, se produisant l’été, d’au moins cinq jours consécutifs pour lesquels la température maximale quotidienne excède la normale de plus de cinq degrés.
Géorisques a identifié Royan comme étant sensible au phénomène d’îlot de chaleur urbain.
Notre commentaire : Avant Royan ne connaissait qu’une canicule tous les 5 ans. Maintenant, c’est quasiment une fois par an. En 2050 – dans 25 ans – ce sera 4 voire 5 fois par an.



SOURCES :