Royan Patrimoine Environnement

Illustrations Thomas Tessier

Pouvoir rouler à vélo à Royan en sécurité    

Outre le fait que les bicyclettes n’émettent pas de gaz à effet de serre ce qui est bon pour la planète, la pratique du vélo est une activité qui est excellente pour la santé. 

Mais la crainte des accidents de circulation dissuade beaucoup de personnes, notamment des seniors, d’enfourcher leur bicyclette. 

Consciente de cette situation, notre association Royan Patrimoine Environnement plaide en particulier pour le développement à Royan de véritables pistes cyclables aménagées pour être véritablement sécurisantes, et pour la création en centre-ville d’une zone où la vitesse est limitée à 30 km/h.

Il en va à la fois de la sécurité des cyclistes, jeunes et moins jeunes.  

Les études montrent que les accidents de circulation des cyclistes surviennent surtout lorsque différents usagers de la route (cyclistes, piétons, véhicules motorisés …) se frôlent, se croisent et donc se télescopent. En ville, les municipalités doivent donc séparer, autant que faire se peut, les cyclistes du flux de circulation des véhicules motorisés.

Selon ces études, la gravité des accidents de circulation résultent visiblement essentiellement de la différence de vitesse entre les différents usagers de la route, des protections dont ils disposent, et des comportements de chacun. Limiter la vitesse des véhicules motorisés à 30 km/h en ville permet donc de réduire la gravité des accidents impliquant des véhicules et des cyclistes ou des piétons. 

Le vélo est de nouveau à la mode

A partir des années 70, on a constaté une forte augmentation de la circulation automobile, une diminution de l’utilisation du vélo comme moyen de transport au profit des deux-roues motorisés. Le nombre de cyclistes aguerris a ainsi fortement diminué.

Avec la prise de conscience des conséquences du changement climatique et l’augmentation des prix des carburants, le vélo puis les trottinettes sont revenus à la mode. 

Pour limiter les accidents de circulation, les pouvoirs publics, en France comme dans beaucoup d’autres pays, ont adopté plus ou moins les mêmes solutions en ville en créant des voies de circulation dédiées aux différents types de moyens de transport (cyclistes, transports en communs, autres véhicules motorisés).

Dans une ville comme Royan, nous avons ainsi vu apparaître des bandes cyclables, y compris à contre-sens dans des rues à sens unique, et des pistes cyclables.

Protéger les cyclistes est indispensable

Qu’est-ce qu’une piste cyclable ?

Une piste cyclable est une chaussée exclusivement réservée aux vélos et aux trottinettes motorisées. Elle peut être à sens unique ou à double sens. 

La piste cyclable doit être séparée de la chaussée principale et du trottoir, par des séparateurs physiques clairement visibles par tous les usagers, sans que ces séparateurs dégradent la sécurité des cyclistes.

La largeur recommandée pour une piste cyclable à sens unique est de 2 mètres pour permettre aux cyclistes de se doubler (ou rouler côte-à-côte) ; elle est de 3 mètres pour les pistes à double sens.

A Royan, la piste cyclable à double sens qui se trouve le long de la grande plage boulevard Frédéric Garnier ne fait que 2,40 mètres de large (mais elle est bordée par des tamaris). Sa prolongation, en cours de construction jusqu’à l’esplanade de Kerimel de Kerveno fait 2,60 mètres de large alors qu’il y a clairement la place pour la prévoir plus large de façon à ce que les cyclistes puissent se croiser en sécurité.

Qu’est-ce qu’une bande cyclable ?

Une bande cyclable est un couloir de circulation exclusivement réservé aux vélos et aux trottinettes motorisées, mais ce couloir de circulation se trouve sur la chaussée principale. La séparation entre la bande cyclable réservée aux deux-roues et la voie de circulation des véhicules motorisés n’est donc matérialisé que par un marquage au sol (cette bande cyclable, avenue du maréchal de Tassigny représentée sur cette photo). 

La largeur recommandée d’une bande cyclable est de 1,5 m hors marquage au sol. En cas de stationnement longitudinal, un espace tampon de 0,50 m doit être prévu pour limiter les risques de collision lors de l’ouverture intempestif de portières et des manœuvres des automobilistes. 

A Royan, cette bande cyclable avenue de l’Europe ne fait que 90 cm de large et l’espace tampon ne fait que 30 cm ! Or c’est la voie qui permet de quitter le centre-ville pour rejoindre Saintes et Bordeaux.

Le trottoir faisant 5 mètres de large aurait dû être utilisé pour mieux protéger les cyclistes : soit en installant une piste cyclable sur la partie du trottoir qui se trouve proche des arbres, soit en déplaçant les places de stationnement des voitures entre les arbres afin d’élargir la bande cyclable et son espace tampon.

Notre conclusion est claire : pour la sécurité des cyclistes, lorsque l’espace disponible est suffisant il faut développer les pistes cyclables et les pistes doivent toutes prendre en compte les largeurs recommandée. Les bandes cyclables sont en effet perçues par les cyclistes comme moins sûres et moins sécurisantes que les vraies pistes cyclables. Ceci l’est d’autant plus, lorsque la bande cyclable longe des places de stationnement ou quand le trafic automobile sur la chaussée est important et que les véhicules motorisés dépassent les 30 km/h.  

Les carrefours sont des zones à risques pour les cyclistes

Lors de la création d’une bande cyclable ou d’une piste cyclable en ville, l’adaptation des carrefours est quasiment systématiquement indispensable. 

Les risques d’accidents impliquant des cyclistes sont accrus en effet lorsque les pistes cyclables et les bandes cyclables s’arrêtent avant les carrefours car les cyclistes se retrouvent alors au milieu de la circulation automobile. De ce point de vue, les pistes cyclables contiguës à la chaussée (par opposition à celles qui en sont éloignées) présentent l’avantage de pouvoir se transformer plus facilement en bandes cyclables à l’approche d’un carrefour. 

Illustration Thomas Tessier

Aux carrefours, l’important est de permettre une bonne visibilité réciproque des différents usagers de la route, notamment pour que les automobilistes comme les cyclistes puissent anticiper les trajectoires des uns et des autres. Lorsque le carrefour est équipé de feux tricolores, la présence d’un ‘’sas vélos’’ sécurise les cyclistes car cet aménagement leur permet de profiter du feu rouge pour se positionner devant les autres véhicules afin d’être vu et de démarrer avant les véhicules à moteur.

Pour une zone de ‘’vitesse limitée à 30 km/h’’ en centre-ville

Le code de la route impose que la limitation de vitesse de 30 km/h en ville soit indiquée à chaque intersection. A Royan, la vitesse est limitée à 30 km/h sur un certain nombre de voies. Si les panneaux de signalisation existent, ils sont le plus souvent noyés dans le paysage urbain. Comme il n’y a pratiquement pas de contrôles de vitesse, ces limitations sont visiblement peu respectées, au grand dam des cyclistes.

Pour rassurer et sécuriser les cyclistes lorsqu’ils circulent là où il n’y a pas de pistes cyclables, notre proposition est de créer en centre-ville un périmètre à l’intérieur duquel la vitesse serait partout limitée à 30 km/h. 

La mise en évidence de cette zone à vitesse limitée semble plus facile à communiquer : plutôt que d’avoir à mettre un panneau 30 km/h à l’entrée uniquement de chaque voie concernée et à chacune de ses intersection comme c’est le cas actuellement, le balisage de cette zone à vitesse limitée se ferait par la pose de panneaux ‘’début d’une zone 30 km/h’’ et ‘’fin d’une zone 30 km/h’’ aux limites de cette zone (informations devant apparaître sur les GPS).

Investir moins pour les voitures et plus pour les cyclistes

Certes la CARA est en train de mettre à jour son Plan de Mobilité Simplifié qui datait de 2020. Mais pour contribuer efficacement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les investissements des collectivités locales en faveur des transports en commun et le vélo doivent prendre le dessus sur ceux dédiés à la voiture individuelle. 

Sans oublier l’éducation routière

Il est bien évidemment indispensable de rappeler régulièrement aux usagers de la route, les automobilistes, comme les cyclistes et les piétons, doivent respecter le Code de la route, notamment les feux tricolores et les priorités. Ceci pourrait être fait par l’impression de dépliants disponibles à l’Office du tourisme ou chez les commerçants.