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L’aérogare de Maison Blanche en cours de construction – Technique des Travaux, 1956

Alger : l’aéroport de Maison-Blanche

L’aérodrome d’Alger Maison-Blanche (aujourd’hui aéroport Houari Boumédiène) a été créé en 1924, à la fois à des fins militaires, et de loisirs. 

Face à la croissance du trafic aérien, les Pouvoirs publics décidèrent au début des années 50 de doter Alger d’un véritable aérogare avec des installations aéroportuaires ad hoc et de construire deux nouvelles pistes susceptibles d’accueillir la nouvelle génération d’avions de transport.

Avec 450.000 passagers, Alger Maison-Blanche va ainsi se classer fin 1956 en troisième position derrière les aéroports d’Orly et du Bourget, à égalité avec ceux de Nice et de Marseille.    

Nombreux sont d’ailleurs à l’époque les chantiers d’extension ou de construction de nouveaux aéroports, en particulier en Amérique du Nord et en Europe.

Le nouvel aérogare

L’Aérogare constitue l’élément dominant de cette composition aménagée pour les besoins des passagers des lignes aériennes. C’est le bâtiment qui reçoit le public et abrite les services nécessaires aux opérations d’embarquement.

Il a été conçu avec le souci de ménager à l’utilisateur le maximum de commodités et de lui rendre aussi supportable qu’il est possible les formalités auxquelles il doit se plier et aussi l’inévitable attente avant l’embarquement.

La maquette – Technique des travaux n°249, 1955

L’accueil des passagers venant de la ville se fait par un hall aux vastes dimensions largement ouvert vers l’extérieur. Ce hall donne accès sans solution de continuité à deux grands halls de douane, permettant le contrôle simultané de quatre avions.

Après la visite des bagages de cale. les voyageurs passent dans un filtre du même modèle que celui de l’aérogare d’Air-France à Orly, où ils sont soumis aux contrôles de police, de douane et de santé. Ils se trouvent ensuite dans la salle de groupage, vaste galerie vitrée largement ouverte sur l’Aérodrome d’où ils peuvent contempler mouvements des avions. La disposition est telle que, de l’arrivée dans l’Aérogare jusqu’à la pause dans la salle de groupage, le mouvement est presque rectiligne, ce qui élimine toute hésitation ou erreur de direction.

Entre les halls de douane, avant le passage au filtre, une zone calme a été aménagée el meublée : on y a placé la librairie et le bureau des P. T. T. C’est aussi le lieu où se groupent les passagers en avance, el les personnes qui attendent un ami ou un parent à l’arrivée de l’avion. Les installations de l’Aérogare sont d’ailleurs réversibles et le voyageur qui débarque de l’avion effectue les mêmes opérations, en sens inverse que celui qui s’embarque. Toujours au rez-de-chaussée sont disposés les différents services des Compagnies en liaison directe avec les installations.

Le plan du rez-de-chaussée – L’Architecture d’Aujourd’hui, N°60, juin 1954

Le premier étage comprend, côté piste, des bureaux de Compagnies, des salles de propreté pour les personnes en transit, des chambres d’hôte et les locaux du service de santé. Entre les halls de douane sont disposés les bureaux des services de la douane et de la police et le standard téléphonique. Enfin, toujours au premier étage, mais à un niveau plus bas, une galerie donnant sur le hall du public abrite de nombreux bureaux commerciaux réservés aux sociétés de transport el de transit.

Le deuxième étage est entièrement réservé au restaurant et à ses annexes cuisine, office, chambre froide, etc… La cuisine est reliée directement à l’extérieur par un escalier de service et un monte-charge.

Enfin, au troisième étage de ce bâtiment ont été prévues de grands salons ouvrant sur une terrasse abritée. 

Le hall – Technique des travaux, 1955
Le hall vu depuis les services commerciaux – Technique des travaux, 1955

Les autres bâtiments

Le bloc technique groupe en trois étages les bureaux de la direction de l’aérodrome, du service de la météorologie et d’un arrondissement du Service de l’Infrastructure aéronautique de l’Algérie.

A son extrémité s’élève la tour de contrôle — dont la hauteur a été fixée à 38 m, après une étude approfondie par photos prises à son emplacement exact dans l’espace. De la terrasse entièrement vitrée qui la couronne et qui domine la plaine, les techniciens guident et contrôlent le mouvement des avions.

Le bloc sécurité, légèrement à l’écart, mais en bordure de la piste, comprend outre des garages et ateliers, toutes les installations nécessaires au service d’incendie.

La centrale de secours abrite des groupes assurant, en cas de panne du secteur, la production d’électricité pour le service de balisage des pistes el pour tous les besoins des diverses installations.

Les hangars de fret, assez en vue et pour cela présentés avec le même soin que les autres bâtiments, viennent compléter l’ensemble sans amener de notes discordantes. Des immeubles à usage d’appartements ont été construits dans le même temps. D’autres seront réalisés ultérieurement.

Toutes ces installations sont alimentées en eau par un château d’eau de 30 m de haut et de 12 m de diamètre. d’un volume de 500 m°. d’une silhouette originale.

L’aérogare et au fond les bâtiments techniques. Ci-dessous : la zone de fret – Technique des travaux, 1955
Le service incendie – Technique des travaux, 1955

Les pistes

Ces deux nouvelles pistes de 60 m de large et d’une longueur de 2 430 m en première étape, sont disposées en V selon un angle de 37°, orientées dans le sens des vents dominants (Ouest en hiver el Nord-Est en été) et doublées d’un taxiway parallèle de 25 m de largeur et comporte quatre bretelles de raccordement.

Elles sont conçues afin de permettre une utilisation simultanée, c’est-à-dire avec atterrissage sur l’une et envol sur l’autre. Elles seront capables de porter des appareils de 135 tonnes.

La construction

A part les hangars de fret qui sont en ossature métallique, tous les bâtiments sont à ossature en bélon armé avec remplissage en briques. Ils sont largement ouverts.

Dans l’aérogare, des dispositifs de portes accordéon métalliques permettent à la belle saison de libérer toutes les baies et assurent une large ventilation particulièrement indispensable alors.

L’ossature et la couverture des halls de l’aérogare qui couvrent une superficie de 360 m2 ont été entièrement préfabriqués. Les poutres, d’une longueur de 30 m, et les dalles de la couverture, ainsi que les poutres, les dalles de plancher et les brise-soleil sont en béton précontraint ce qui assure à l’ensemble une très grande légèreté, malgré l’importance des portées. Les poteaux du hall ont été construits en usine et amenés sur place terminés.

La tour de contrôle est fondée sur 44 pieux Franki (type Forum) descendant à 25 m de profondeur en raison de la mauvaise tenue du sol d’appui (limon argileux). Le reste des bâtiments est appuyé sur des semelles en béton armé à o m de profondeur, c’est-à-dire à la hauteur de la nappe phréatique à son niveau le plus bas.

Une polychromie extérieure et intérieure, riche en couleur et variée dans ses aspects crée une ambiance de gaieté el de fraîcheur très accueillante.

Les poutres précontraintes coulées au sol – Technique des travaux, 1955
L’ossature de l’aérogare – Technique des travaux, 1955

SOURCES :
‘’ Alger, aérogare de Maison-Blanche ‘’, L’Architecture d’Aujourd’hui, numéro 60, juin 1954 
’ Alger, l’aérodrome et l’aérogare d’Alger Maison-Blanche ‘’, la Technique des travaux, numéro 249, 1955