Equipements publics France

Le cinéma du Sporting, dessin de la salle – coll. Bauhain

Le cinéma du Sporting à Pontaillac

Le Sporting, sur la plage de Pontaillac en lieu et place de La Renaissance, fut le seul casino épargné par les bombardements de janvier et avril 1945. Construit en 1931 par l’architecte Auguste Bluysen dans un style Arts Déco reconnaissable à sa large corniche en surplomb, à sa composition strictement symétrique et à ses larges piliers.

L’établissement restera ouvert durant l’Occupation, et l’on imagine bien qu’il accueilli de nombreux militaires allemands durant cette sombre période.

A la Libération, il retrouvera vite sa vocation première avec le retour des touristes en re-ouvrant ses portes dès 1948. En 1951, de grands noms comme Charles Trenet, attirent un public nombreux. Puis sont accueillis à partir de 1953, Joséphine Baker, Jacques Brel, Fernand Raynaud, Jacqueline François…

Le Sporting dans les années 50

La façade du Sporting, CPA éd. Gilbert
Le Sporting côté plage, CPA éd. Carmont

Le Sporting dans les années 50

Architecture Française, n° 109-110, 1957

Après les démolitions et spoliation qu’a subi le Sporting-Casino de Pontaillac, des travaux de réfection ont été nécessaires. Ces travaux ont été confiés à MM. Bauhain, Baraton et Hebrard, architectes à Royan. Ces derniers se sont adjoints, pour le cinéma, leurs confrères Pierre de Montaut et Adrienne Gorska, spécialises dans les salles de spectacle.

Les réalisateurs ont mis tout œuvre pour créer une salle confortable de 380 places, munie de tous les perfectionnements les plus récents. Des épures très précises ont été tracées pour assurer une parfaite visibilité; une étude poussée a été faite au point de vue acoustique et ventilation.

Le plan de la salle de cinéma – Architecture Française, 1957
La coupe longitudinale – Architecture Française, 1957

L’éclairage de la salle a été conçu pour obtenir des effets variés (à noter un effet inédit créé par des appliques en forme d’étoiles de mer qui, après. l’extinction de l’éclairage général, projettent sur le mur un entrecroisement d’ombres propres en forme d’étoiles et d’ombres portées de crabes, hippocampes, poissons, algues, etc).

Les éclairages côtés mur intérieur – coll. privée M. Bauhian
Les éclairages côté fenêtres – coll. privée M. Bauhain

Un plafond atmosphérique, allant du fond de la salle à l’écran, crée une unité de lignes architecturales reliant sans discontinuité la salle à l’écran. Ce dernier se détache sur un fond de rideaux bleus sans l’entourage noir traditionnel.

L’équipement de la cabine est conforme aux plus récentes exigences de la technique cinématographique. Toutes les commandes des rideaux et des éclairages sont assurées par télérupteurs commandés à distance de la cabine et de la scène. Le chauffage est réalisé par air pulsé, frais en été, chauffé en hiver.

Un modèle spécial de fauteuils a été mis au point par « Ciné-Sièges ». Ces fauteuils permettent aux spectateurs de se reculer sans se lever pour laisser le passage aux retardataires. Les revêtements de la salle ont été réalisés en tissus d’amiante par la Société Marocaine de Constructions mécaniques de Paris.

La salle vue de l’allée d’accès. Le plafond en staff bleu relie l’écran à la salle tout en accentuant l’impression de hauteur. Les fenêtres de gauche qui peuvent être ouvertes la nuit sont équipées de stores Kirsch éclairés par derrière – coll. privée M. Bauhain

Vue du fond de la salle. Le plafond en staff se retourne pour constituer le devant de la cabine de projection – coll. privée M. Bauhain

SOURCES : 
Mes vifs remerciements à Marc Bauhain, fils de l’architecte Jean Bauhain, pour ses clichés. 
‘’ Cinéma du Sporting-Casino à Royan-Pontaillac ‘’, Architecture Française, numéro 109-110 spécial cinémas, 1951
‘’ Le Sporting, tête d’affiche de l’exposition Pontaillac, une plage de légende ‘’, C-royan ?com