
Nous reproduisons, ci-dessous, l’intégralité de l’article de Stéphane Durand publié dans Sud-Ouest le 5 mars 2026.
L’association Royan Patrimoine Environnement sonde les candidats aux élections municipales sur des idées visant à adapter la ville au changement climatique et aux épisodes de chaleur qui s’annoncent d’ici 25 ans.

Des ilots de fraicheur en veux-tu en voilà. Sur la photo retouchée on peut distinguer des rangées d’arbres plantés du côté minéral de la place Charles-de-Gaulle où sont situés les cafés et restaurants.
C’est l’une des propositions de l’association Royan Patrimoine Environnement (Arpe) pour se préparer aux effets du réchauffement climatique sur Royan.
«D’après les projections réalisées en 2023 à la demande des pouvoirs publics par Météo-France et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) en s’appuyant sur la méthodologie largement utilisée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), on constate que Royan, qui ne connaissait qu’une canicule tous les cinq ans, en connait désormais une par an. Et en 2050, c’est-à-dire dans à peine vingt-cinq ans, ce sera quatre, voire cinq épisodes caniculaires chaque année », prévient le président de l’Arpe Jean-Louis Vidot qui a préparé une liste d’une quinzaine de propositions pour y faire face et engager un dialogue avec les différents candidats aux élections municipales.
Parmi celles-d, on trouve la plantation d’arbres pour constituer des ilots de fraicheur en centre-ville. -Ça contribue efficacement au rafraichissement de l’air amblant et au stockage de carbone », insiste Jean- Marc Merigeaux, architecte adhérent à cette association créée en 2023. Les lieux à végétaliser sont tout trouvés. «Il y a donc la place Charles-de-Gaulle mais aussi les galeries Botton et l’auditorium qu’il faut re mettre en activité. Les manèges des forains pourraient être déplacés promenade Dugua-de-Mons, près des jardins de la mer et du port. Nous militons également pour la création de promenades ombragées grâce à des alignements d’arbres entre la gare, le marché central, la caserne des pompiers, le long du littoral entre le Palais Royan Événements et Pontaillac. Sans oublier l’esplanade de la gare, le front de mer… Bref, partout où c’est souhaitable et possible.»
L’Arpe avance aussi l’idée de « végétaliser davantage les cours d’écoles et de les ouvrir aux habitants l’été, lorsqu’il n’y a plus de cours et que les températures grimpent ». Reste que la Ville de Royan a déjà lancé un plan au début de la mandature, en 2020,avec • la volonté de planter plus de 300 arbres par an. Depuis le début de l’opération, 2 379 arbres ont été plantés », peut-on lire sur le site internet de la mairie. « Certes, mais ils l’ont surtout été en périphérie. Ce qui ne résout pas le problème des îlots de chaleur en centre-ville », note Jean-Louis Vidot.
Pour l’association, il est aussi primordial de conserver le parc de la mairie en poumon vert – et de ne pas le vendre à des promoteurs pour y construire un hôtel ou un immeuble. Au contraire, il faut le réaménager pour en faire un lieu fréquenté par les habitants autour de jeux pour enfants, d’espaces de repos…
La parcelle de ce parc fait 19.000 mètres carrés. Avec la modification du Plan local d’urbanisme, on peut désormais y construire jusqu’à 20% de la surface et jusqu’à 17,50 mètres de haut. Soit un rez-de-chaussée et quatre étages. Nous avons l’impression que ça n’a pas été très bien expliqué » commente le président de l’ARPE.
Pour les adhérents de l’association, il serait « souhaitable que le maire qui sera élu nomme un adjoint à l’adaptation au changement climatique, en charge de l’urbanisme et des espaces verts. Et qu’il lance une convention citoyenne locale sur ce thème ». l’ARPE a également des propositions pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. « La solution n’est pas dans l’installation de climatiseurs partout mais plutôt la promotion d’une isolation intelligente des logements », insiste Jean-Marc Merigeaux qui parle aussi du problème « de l’extension urbaine et du bétonnage des terres agricoles. Il faut cesser tout ça pour limiter l’afflux de d’habitants et de touristes. Sinon ça va devenir invivable l’été avec des embouteillages, des difficultés d’accès à l’eau potable. »
La limitation de l’usage de l’automobile est aussi préconisée avec « la création d’un vrai réseau de pistes cyclables pour relier la zone commerciale de Royan 2 au centre-ville, au marché, à la gare, au Front-de-mer… Tout comme l’instauration d’une limitation de vitesse à 30 km/h dans le centre et la création de parkings relais en entrée de ville avec des navettes lors des grands événements comme Un Violon sur le sable ou les feux d‘artifice. »
Royan Patrimoine Environnement entend profiter de la campagne électorale pour se faire entendre. « Si on ne prend pas les bonnes décisions aujourd’hui, demain il sera trop tard » souligne ses adhérents.
Stéphane DURAND