La façade des Nouvelles Galeries fin des années 50 ou début 60

Les nouvelles Nouvelles Galeries à Caen

Nouvelles Galeries, Galeries Lafayette, Monoprix, ces grands magasins qui animaient le commerce de la préfecture du Calvados avant-guerre, auront été elles-aussi victimes des intenses bombardements qui ont suivi le Débarquement. 

Comme à Nantes, Rouen, Orléans et Toulon, il faudra attendre les années 50, à Caen, pour qu’ils soient reconstruits.

Si la configuration de l’immeuble est proche de celles adoptées par les autres grands magasins reconstruits à la même époque, il se distingue surtout d’eux par sa façade en verre ondulé et translucide. 

Nous reproduisons ci-dessous de larges extraits de l’article consacré aux Nouvelles Galeries à Caen publié en 1956 dans une revue spécialisée.

Les auteurs de l’article sur l’histoire des grands magasins à Caen depuis le XIXème siècle expliquent comment la Reconstruction a été l’occasion de recomposer l’architecture commerciale de la ville :

 » En 1955, la société Démogé, propriétaire des Nouvelles Galeries, et les Galeries Lafayette fusionnent pour former la société des Galeries de Caen. Les Nouvelles Galeries sont construites à l’emplacement des Galeries Lafayette. Dessiné par les architectes Georges Richard et Pierre Daubin, le magasin occupe une surface de 5 000 m² sur quatre niveaux.

Il est très moderne pour l’époque. Des escalators desservent les différents étages. Sa façade, constituée d’un verre armé ondulé et translucide, est encore rare à l’époque. 

Rien ne venait séparer à l’origine cette façade vitrée du reste du magasin. De l’intérieur, le bâtiment était plus lumineux et, de l’extérieur, il était possible de voir l’intérieur du magasin, ce qui le rendait plus léger. Les aménagements ultérieurs sont venus malheureusement altérer ce bâtiment qui, en soi, ne manque pas d’esthétisme.

L’immeuble des Galeries Lafayette, à l’angle du boulevard des Alliés et de la rue Pierre-Aimée Lair, après les bombardements de 1944 – Archives municipales de Caen, Fonds Delasalles Oresme 3Fi540

Comme sur l’ancien magasin, le dernier niveau est entouré d’une terrasse, aujourd’hui malheureusement fermée au public. Le toit avait également été dessiné pour permettre aux hélicoptères de se poser… Ce mode de transport n’ayant pas véritablement connu un développement foudroyant, il n’est toujours pas possible d’aller faire ses courses en hélico. L’ensemble est inauguré le 8 septembre 1955. (cf. Sources). 

Le nouvel immeuble des ‘’Galeries’’ à Caen

La Technique des Travaux, N° 5-6, 1956

Architectes : Joachim et Georges RICHARD et Pierre DAUBIN, architectes D.P.L.G., à Caen

En plein centre de la ville de Caen, renaissante de ses ruines, après les profondes blessures que lui causa en 1944, la bataille de Normandie, un splendide magasin moderne, inauguré le 8 septembre 1955, ouvre aujourd’hui ses portes à la clientèle de la cité et de la région : c’est la masse imposante mais accueillante de l’immeuble des « Galeries » que les vues accompagnant le présent article font apparaitre sous ses divers aspects.

Le nouveau magasin, édifié sur l’emplacement d’une construction ancienne analogue sinistrée, été reconstruit au titre des dommages de guerre. Il est admirablement situé, sur un terrain de forme trapézoïdale, composé de deux ilots, d’une superficie totale de 2 000 m2, limité sur trois de ses faces par trois des artères les plus passantes de la vieille métropole normande (fig. 3) :

  • à l’Est, le boulevard du Maréchal Leclerc, presque en face de la nouvelle Chambre de commerce (longueur de façade 45 m);
  • au Sud-Est, la rue P.-A. Lair, avec l’Hôtel moderne, lui aussi récemment reconstruit, en vis-à-vis (longueur de façade 28 m);
  • au Sud-Ouest, la rue de la Fontaine (longueur de façade 54 m) face à la place de la République, foyer de circulation intense voisin des centres administratifs départementaux.

Conception générale et gros œuvre

Les maîtres de l’œuvre ont choisi de faire supporter la construction par une ossature métallique, et ce pour deux raisons : économie de volume importante, rapidité de montage. L’ensemble comprend en fait deux bâtiments de quatre étages surmontés par une terrasse et séparés par un joint de dilatation : le bâtiment d’exploitation proprement dit et le bâtiment de réception et de stockage des marchandises 

L’armature des planchers est constituée par des poutrelles métalliques de 6 m de portée libre calculées pour supporter une surcharge libre de 500 kg/m2. Ces poutrelles, écartées de 1 m d’axe en axe supportent une dalle en béton armé obtenue par juxtaposition de dallettes préfabriquées «Perba»  de 1,5 cm d’épaisseur avec nervures de 3,5 cm armées de Ø 5 mm tous les 10 cm, pardessus lesquelles il a été coulé une dalle en béton de petit gravillon portant l’épaisseur totale à 6 cm.

Les planchers sont recouverts de revêtements de sol plastique et supportent des plafonds en staff qui servent d’ornementation au magasin.

L’habillage extérieur

Les Nouvelles Galeries dans les années 70 – collection Georges Pigache
Les Nouvelles Galeries la nuit – Technique des travaux, 1956

L’habillage extérieur de la construction a été réalisé sur deux façades par une combinaison originale de menuiseries métalliques et de bandeaux en verre ondulé armé coloré en jaune clair dont l’effet est très réussi : très grande clarté à l’intérieur et transparence de l’extérieur. De nuit, l’aspect de ce revêtement est particulièrement saisissant (fig. 18). La façade donnant sur la rue de la Fontaine, par contre, est constituée par un remplissage en briques.La terrasse est accessible par le quatrième étage du magasin. Elle consiste en une dalle préfabriquée en gravillon lavé. Elle est revêtue d’une étanchéité multicouche et l’ossature ayant été prévue avec une résistance suffisante, elle pourra servir, le cas échéant, de plate-forme d’atterrissage pour les hélicoptères

La configuration du magasin

Les surfaces utilisables sont de l’ordre de 7 000 m’ au total, dont plus de 5 000 m2 pour les surfaces de vente seulement.

Trois entrées donnent accès au rez-de-chaussée : sur la rue de la Fontaine et le boulevard du Maréchal Leclerc, une batterie de deux portes Securit à deux vantaux; à l’angle du boulevard du Maréchal Leclerc et de la rue P.-A. Lair, l’entrée principale, formée par une batterie de cinq portes Securit à deux vantaux (fig. 5).

Les vitrines donnant sur le boulevard du Maréchal Leclerc et la rue de la Fontaine sont du type «open front »; sur la rue P.-A. Lair, elles sont fermées.

Les circulations ont fait l’objet d’une étude particulièrement poussée de la part des architectes et de la société exploitante, la préoccupation directrice qui se révèle dans le choix des dispositions étant non pas de faciliter les déplacements rapides, mais de « canaliser » le flot des clientes en l’incitant à passer d’un comptoir à un autre et d’un étage au suivant pour y faire emplette des articles les plus divers.C’est ainsi que dans le sens horizontal, comme dans la plupart des grands magasins modernes, les parcours se font suivant des lignes brisées; les alignements interminables et monotones des magasins de type ancien ont été totalement exclus. La disposition irrégulière des poteaux, rendue indispensable par la forme compliquée, en plan, de la construction, a facilité cette utilisation commerciale de la surface libre. Il a été habilement tiré parti de la dissymétrie qui en résulte pour en tirer des éléments de variété dont les postes de vente s’accommodent fort bien.

Dans le sens vertical, les moyens suivants sont disponibles:

  • l’escalier principal, au fond du rez-de-chaussée, auquel les maîtres de l’œuvre se sont efforcés de donner un caractère monumental, plus deux escaliers encloisonnés et deux escaliers de service;
  • quatre escalators (celui du rez-de-chaussée au premier étage est large de 1,20 m, ceux des étages suivants, de 0,80 m), qu’il sera possible de doubler par la suite, les trémies nécessaires ayant été prévues à la construction;
  • un ascenseur et un monte-charges;
  • un toboggan.
  • Les escalators sont normalement utilisés à la montée, mais fonctionnent aussi à la descente le soir pour permettre le dégagement rapide des étages supérieurs.

L’aménagement intérieur

Les rayons d’alimentation au rez-de-chaussée
L’éclairage encastré dans le plafond
Les angles vifs sont dissimulés par des formes courbes  
Les portes d’entrée entièrement vitrées

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